Mise à nu...

Publié le par Thulemin

            Le blog... Pour certains politiques, c'est un objet de médiatisation. Pour certains éloignés-des-yeux-mais-pas-du-coeur, il sert de trait d'union. Vie du bébé, présentation des derniers patchwork ou des recettes de cuisine de mère-grand, analyse des derniers courants de l'actualité, états d'âme et états d'esprit... Les blogueurs se spécialisent souvent sur un contenu précis. Je n'ai jamais réussi à faire ça.

            Et donc, parmi les sujets au choix, aujourd'hui nous cocherons la case "introspection".




            Il était donc une petite nièce qui s'en alla passer 3 jours à la campagne avec son oncle et parrain. Ca sonnera bien si je l'appelle "Le Parrain" non ? Ca ira parfaitement avec l'ambiance du dimanche 1er, au soir. Une ambiance de réglements de compte. Ou plutôt de mise au point sérieuse.

            Le Parrain est donc un oncle attentif et attentionné. Attentif parce qu'il vous observe, vous comprend et vous analyse - ce qu'il fait généralement très bien. Attentionné parce qu'il veut votre bien. Et quand on mélange les deux adjectifs et qu'on secoue bien fort, on obtient... la Mise Au Point.

             Avec des lettres majuscules, s'il vous plaît.
            Car Le Parrain attaque fort et bien, et souvent exactement là où ça fait mal.


             Mais pourquoi une Mise Au Point, me direz-vous ?
        Eh bien parce que Le Parrain est pas follement emballé par mes derniers plans en date. Les dit-plans consistaient à (1) enseigner en Thaïlande pendant un an, les Sciences probablement, (2) aller au Royaume-Uni passer leur diplôme d'enseignement, équivalent au CAPES français, (3) retourner en Thaïlande, Malaisie ou ailleurs et profiter de vrais salaires et de meilleures opportunités, (4) dans 15 ans, quand je commencerai à me lasser, m'orienter petit à petit vers la traduction ou une implication salariée en ONG.

             Et donc ça ne lui plaisait pas. Se faire loger, avoir 2 repas par jour et les assurances, plus être payée 800€ pour enseigner, nan, c'était "pas cool". Ben écoute... Et le Parrain, quand il a une idée en tête, il la lâche pas.




            Au milieu de l'argumentation... Trois phrases, trois faits, qui m'ont touché là où ça fait mal. Parce qu'on est souvent trop près pour le voir, mais quand nous on le montre, on se dit "merde, c'est vrai".

- Vivre, c'est vivre pour quelque chose. Survivre, c'est juste vivre pour vivre. Et moi, j'ai l'impression que tu survis.

- Si tu es déjà à penser comment changer de profession dans 10 ans, c'est qu'elle ne te correspond pas.

- Tu as des tonnes de capacités... mais tu n'y crois pas. T'as pas confiance en toi.


          Anyway, au milieu de sa conversation, j'ai eu ma petite révélation. Trompettes en fond sonore, le texte qui arrive en tourbillonnant et se plaque en premier plan sur l'écran noir de mon oeil intérieur. Je veux être journaliste. Sur le moment, ça me semble une telle évidence. Je m'y sens, je m'y vois, je le suis déjà.




            Je n'en ai pas pipé mot ce soir-là mais j'ai cogité. Et puis le lendemain soir, j'ai commencé à en parler autour de moi. Résultat : soit les gens y avaient déjà pensé pour moi, soit ils approuvaient chaudement. Il paraît que j'ai plein d'arguments pour moi, comme mon style d'écriture, mes analyses, mon intérêt pour la culture et les actualités, mon envie de les faire partager... et même les signes qui n'arrêtent pas de me tomber du ciel depuis la révélation en elle-même.

            Alain Devalpo (le journaliste) qui me recontacte le mardi pour me dire qu'il veut me rencontrer à mon retour en Thaïlande, le cuisinier du resto (où l'on va manger jeudi soir) qui fait des émissions radios, Jane Birkin qui est engagée pour la Birmanie depuis 10 ans et dont Isa a l'adresse mail... jusqu'aux articles de l'Astrapi de ma cousine, qui m'explique comment devenir reporter...


            Bref, tout ça, c'est gros, très gros, et tout semble génial. Pour ceux qui ne se sont jamais penchés sur le journalisme. Parce que ce microcosme n'est pas si sympa que ça, oscillant entre précarité, perte de liberté et mensonges blancs dans les sujets, difficultés à trouver l'équilibre entre indépendance et sécurité financière, la quasi-impossibilité d'obtenir un contrat, les faux-semblants. Et surtout, pour moi, la difficulté à choisir de quoi parle: ce que les gens ont besoin de savoir ou ce qu'ils veulent savoir ?
              Le journalisme, ce n'est qu'un business de plus...




           Le Parrain est d'ailleurs le seul à m'avoir mis en garde. Il me manque, selon lui, le petit truc qui fait qu'on repère les tendances et les sujets à la mode. Et le Parrain travaille - comme de par hasard - à l'AFP, l'agence France Presse. Et puis, dit-il, je n'ai pas fait d'Ecole de Journalisme et c'est presque obligatoire maintenant apparemment, pas comme il y a 20 ans.

            Mais le Parrain, c'est aussi celui qui arrive avec des contradictions dans ses discours. Me dire que devenir prof, c'est pas vraiment cool, mais m'encourager à le faire avec des ONG. Et comment je gagne ma vie, alors ? Me connaître suffisamment pour détruire ma barque mais apparemment pas assez pour pouvoir me lancer une bouée. C'est facile, du coup, il a probablement l'impression de moins prendre de responsabilités dans mes choix. Mais là, c'était un peu trop facile.

              Je sais bien qu'il m'aime, et je l'aime aussi. C'est un deuxième père pour moi. Et ça me fait du bien qu'il m'asticote un peu, sur des sujets comme "lis plus, vis plus, apprends plus". Mais je pense que là il a visionné ce que lui aurait fait avec mes capacités, plus que ce que moi je devrais faire et - surtout - voudrais faire. Je me fiche un peu de la notoriété, que plein de gens reconnaissent mes capacités (tant que ceux qui m'entourent le savent) ou d'avoir du pouvoir. Moi je veux juste être heureuse dans ce que je fais, apprendre, découvrir les gens, partager ce que je sais et aider.




              Au final, je concède que la réflexion mérite d'être approfondie. Que je dois vivre, pour de vrai, plutôt que de me contenter d'attendre que le temps passe. Et surtout, que je ne dois rien lâcher.

            Cette année, je vais donc enseigner, comme prévu. Mais dans mes week-ends et mes temps libres, je vais enquêter, me tenter reporter et écrire des articles que j'essaierai de vendre à des magazines ou à des journaux en France. Informer, dénoncer, faire découvrir : pas seulement dans mon blog, mais aussi sur du vrai papier.

              Ce serait mentir que de dire que je n'attends rien de vous :) Un sujet vous a touché, mon style mérite d'être amélioré, vous êtes justement le fils du rédacteur du Ouest-France (et pourquoi pas ?), vous voudriez en apprendre plus sur un thème ? Mon adresse mail est toujours chez gmail et les commentaires vous sont ouverts !

               
Souhaitez-moi bonne chance :)
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S
Bonne Chance !!!! Et pourquoi on pourait pas faire l'ecole de journalisme a 24 ans ??? si ce que tu veux faire il faut se donner les moyens d'y arriver, j'ai connu aussi un Parrain, formateur en ressources humaines, il est très bon dans son métier mais questions relations humaines c'est 0....Bref ! va où le vent te porte et ma foi fais ce qu'il te plait c'est deja pas si mal !!!
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P
Bonne chanceCela fait qq mois que je te suis, et j'adoooooooore.Alors Bonne chance!
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T

Merci :) Ca fait toujours plaisir de "decouvrir" les lecteurs anonymes dans un comm. Faudra pas hesiter a dire si je vous ennuie avec toutes mes histoires ! Bon sejour sur le blog.