C'est la foire au temple !

Publié le par Thulemin

           Les villes françaises sont individualisées à outrance, le symptôme premier étant qu'on ne connaît que rarement ses voisins de palier.


            Changement de décor : en Asie, une ville n'est jamais « une » ville. C'est une mosaïque de quartiers, de communautés et de rassemblements divers qui sont le fondement d'un réseau soudé. Ici, on s'identifie souvent à son quartier (tumbol) avant de s'identifier à sa ville.


             L'information passe. Moi je ne l'ai presque jamais, l'information : elle se passe d'une bouche à une oreille, le plus souvent en Thaï évidemment. Mais pour une fois que j'avais une information, je n'allais pas louper l'occasion de faire la fête dans un petit quartier très « village » du sud de Chiang Mai !




 

             C'est Nawa qui m'a donné le tuyau. Depuis le temps que, à chaque fois que j'allais à son temple, je voyais les moines monter ce mur, passer un coup de plâtre, refaire un toit, construire un chedi... Il fallait bien une grande cérémonie pour célébrer la fin de plusieurs mois de rénovation de Wat Hua Fai ! :)



             Les célébrations duraient 4 jours, jeudi étant supposé être l'apothéose finale. Pour raisons calendaires personnelles, je me suis aventurée au temple mercredi soir. C'est le soir que tout se passe...


             Bien sûr, il y a des petits moments intéressants dans la journée. Les gens du voisinage viennent faire « tam bun », gagner du mérite. Mais le soir, tout se réveille.




             Les marchands sur moto arrivent et se garent partout pour vendre brochettes, nouilles sautées, crêpes japonaises, thés et cafés glacés, poissons séchés cuits au feu de bois, petits pains au porc, boulettes de viande, bananes et poulpes frits, ainsi qu'une quantité indéfinie d'autres choses inidentifiables :)


Brochettes, boulettes, viandes diverses...


Same same mais ajoutez des brochettes de poisson frit :)


Fruits en sac :) C'est pour les paresseux (comme moi) qui n'ont pas envie d'éplucher et de couper ^^


Les crêpes Japonaises... Pardon... Japonaises ? Ca ressemble beaucoup à des bretonnes si vous voulez mon avis !! Le moelleux en moins... un peu trop craquantes à mon goût :) Je vais me lancer dans le business !


Ils ont même des biliks !!


That's mine !! :) Yum !


              Derrière le temple, la foire est montée et s'illumine la nuit. On se croirait de retour dans l'enfance de nos mères et grands-mères : chamboule-tout, lancers de cerceaux, manèges poussés à la main, jeux de fléchettes, concours de dessins... La seule concession à la modernité, c'est la grande roue... qui reste un peu archaïque quand on regarde du bon côté :)


Les fléchettes : à bas les ballons !


Un manège... propulsé par l'ardeur des gamins dans leurs engins : on se balance tout seul...


Tentative de panning...


Une autre...


La grande roue...


... et son mécanisme... manuel


Le repère des enfants et des amoureux... :)



               Au temple lui-même, ça swingue dur aussi. Chaque famille ou petite communauté a monté son « arbre à donation ». Traditionnellement, c'est un jeune bananier dans lequel on plante des pics fendus dans lesquels on glisse des billets de banque.


               Pour l'occasion, c'est « free style ». On voit passer des tables à l'envers couvertes de guirlandes de Noël, des faux bananiers portés sur des tabourets dissimulés sous quatre épaisseurs de papier crépon, des mats géants ornées de cerceaux tels des danseuses.


               Le but était apparemment de faire le maximum de bruit et de faire danser « l'arbre » le plus possible avant d'entrer dans le wihan, le hall du temple. Les tables sautaient, les arbres partaient à la verticale et les gens hululaient en tapant sur les tambours. On s'attendrait presque à voir des esprits descendre des arbres...



L'arrivée d'un arbre devant les marches du wihan




               A l'entrée du temple, les gens dansent. 2,000bt d'amende pour quiconque boirait de l'alcool à l'intérieur de l'enceinte du temple. Passé 22h, la police ne fait plus vraiment attention et se contente de faire de la prévention pour éviter vols ou altercations. Police de proximité comme on l'aime, anyway.





             La discothèque se déplace pendant la soirée. C'est qu'elle est plutôt mobile ! L'arrière d'un pick-up exhibe fièrement trois étages d'enceintes sur lesquelles flashent deux boules multicolores sur les rythmes des derniers succès thaïs et américains. On ne se refait pas...




               23h et quelques personnes en moins, mon excitation face à la nouveauté commence à perdre le combat face au besoin de sommeil. C'est l'heure de rentrer à la maison :)

Commenter cet article