Et un appareil photo volé, un...

Publié le par Thulemin

            Je suis bien rentrée de Bangkok. Mon bagage plus léger mais le coeur aussi...




Tout a très très très mal commencé !

           Avec Kui, nous sommes arrivées à Bangkok et sommes allées au point de rendez-vous : devant Amarin Tower, dans le quartier huppé de BKK. On aperçoit le staff de PV (Plum Village) dans le Mac Do donc on les rejoint. Soulagées d'arriver, on pose nos sacs sur la banquette, je pose mon sac d'appareil photo sur la table et on reste debout à discuter.

            On est une demi-douzaine puis 3 autres personnes arrivent, dont un des moines. On se tourne alors vers eux. Je suis à moins d'un mètre de la table mais je lui tourne le dos. Mais on est tellement nombreux et ils sont plusieurs à faire face à la table.

             N'empêche que...



            Je me retourne moins de deux minutes plus tard. La table est vide.

            Les Thaïs sont lents à la détente mais je suis déjà à courir dehors. Il y a trop de monde. Je regarde partout, cherche mon sac du regard. Rien. Il a du s'enfuir aussi vite que possible. Il me faudrait deux autres personnes pour courir avec moi, un à gauche, un à droite, un dans la station de BTS. Mais ils sont toujours à l'intérieur, à regarder si mon appareil photo ne s'est pas déplacé tout seul ailleurs. Fuck fuck fuck !!!

             Je me résigne et je rentre à l'intérieur du Mac Do. Les Thaïs n'y croient toujours pas mais je sais, moi. Ce n'est pas pour rien que j'ai eu deux prémonitions. La veille au soir, j'avais vidé ma carte mémoire sur mon ordi. Au lieu de me dire "comme ça, j'ai de la place pour les photos de la retraite", mon cerveau avait pensé "comme ça, si on me le vole, j'aurais quand même les photos". Et en posant l'appareil photo sur la table, mon coeur a dit "ne fais pas ça, quelqu'un peut le voler trop facilement". Je l'avais senti venir, merde !

              J'avais dormi 6 et 5 heures les deux nuits précédentes, j'étais fatiguée, je n'ai pas réagi...



              Le manager a visionné les caméra de surveillance et est revenu nous dire que c'était un monsieur bien habillé, l'air professinnel, ordinateur portable sous le bras. Ca faisait plusieurs minutes qu'il tournait autour de notre table, probablement en repérage. Quand il est passé près ma table, il a tendu le bras, pris la caméra et est sorti par la porte deux mètres plus loin.

               Kui et moi, on a sauté sur deux motos taxis pour aller déposer plainte à la station de police de Lumpini. Evidemment, ça ne servira à rien. Notre seul espoir serait que le manager imprime la photo du gars et la poste dans tous les Mc Do du quartier de Siam et Chit Lom, mais il n'est sûrement pas très pressé de le faire...

              
              
                Dans un sens, il valait mieux qu'on me le vole avant la retraire. Pour toutes les photos que j'aurais perdu. Et aussi parce que la retraite m'a permis de lâcher prise et de ne me prendre la tête que partiellement et pour une durée plus courte.

                 Bien évidemment, il aurait mieux valu qu'on ne me le vole pas du tout !!!




                J'ai eu beaucoup de mal à digérer la première journée. J'étais au bord des larmes à la station de police mais je savais tellement que ça devait arriver, à cause de mes deux "flashs" que, quelque part, je l'avais déjà accepté.

                Heureusement qu'on s'est retrouvé dans un autre monde très rapidement parce que j'avais un maëlstrom d'émotions qui tourbillonait dans mon ventre et il fallait les contenir...

De la colère. Contre moi principalement, pour ne pas avoir écouté ce que mes deux flashs m'avaient dit.

Du ressentiment. Ce voleur, il n'a pas rêvé cet appareil photo, il ne l'a pas attendu plusieurs mois avec impatience. Il ne l'a pas mérité, c'est tout.

De la frustration.

Une peine lourde et étouffante. Cet appareil photo, c'était l'extension de ma main, une partie de moi-même. Quand je l'avais acheté, je m'étais trouvé. Ce n'était pas un appareil photo, c'était ma manière de voir l'environnement autour de moi qui changeait. Il était toujours avec moi, dans mes mains, autour de mon cou ou virtuellement à travers mes yeux.

Des doutes. J'ai assez d'argent pour le remplacer mais est-ce que ça n'est pas un peu dangereux de puiser dans les réserves. Qu'est-ce que je fais ???



                Cinq jours de retraite m'ont plutôt bien fait lâcher prise même si j'ai toujours un sentiment d'irréalité où j'ai l'impression que je vais me réveiller et que j'aurais toujours mon appareil photo. J'ai beaucoup réfléchi et analysé mes pensées pendant les méditations.

                Et je vais le racheter. Je ferai des sacrifices sur d'autres choses. Sur les massages : on va faire de l'auto-massage. Sur les cafés l'après-midi : je m'enfermerai ailleurs pour étudier. Sur les sorties et autres : on improvisera d'autres trucs :) Sur les voyages...

                 J'ai décidé qu'apprendre la photographie, laisser épanouir mon soi-disant "talent" était plus important que ces autres petits plaisirs quotidiens. Je trippe sur la photo et je peux juste pas me résoudre à retourner à mon compact...




               C'était une leçon. Combattre mon côté matérialistique, apprendre le lâcher-prise face à une perte.

               C'était une leçon, elle était dure. Elle a été plus ou moins bien assimilée.

               J'espère surtout qu'il n'y aura pas un examen pour vérifier que j'ai tout bien appris...

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