Ne restez pas sourd au sort d'Aung San Suu Kyi

Publié le par Thulemin

             Ce ne sont que des chiffres mais ils sont là...

- 82% de voix aux élections de 1990, résultats jamais acceptés par la junte au pouvoir

- 13 des 19 dernières années en prison et en détention surveillée

- 64 ans le 19 juin 2009

- En détention surveillée depuis 6 ans alors que "la durée maximale d'emprisonnement sans jugement est limitée à 5 ans" (!!!). Le 27 mai dernier, la junte a expliqué que les 360 premiers jours "ne comptaient pas" et qu'elle devait donc rester en détention un an de plus".

- 2010 : l'année des élections "démocratiques"



             Comment empêcher l'égérie de tout un peuple de perturer les élections sensées légitimer un gouvernement totalitaire ? Comment la garder hors d'état de nuire, sans enfreindre la "loi" birmane, s'attirant par là même les foudres de la communauté internationale ?


              Première solution ? L'affaiblir.

             A 64 ans et avec 13 ans de détention, la santé d'Aung San Suu Kyi est devenu très fragile. Depuis le jeudi 7 mai, son docteur est emprisonné à Insein Prison alors même que l'état d'Aung San Suu Kyi se dégradait. Selon l'assistante du docteur, qui a pu mettre ASSK sous perfusion, elle souffrirait d'hypotention et de déshydratation.

              Pire, le docteur, qu'elle voyait régulièrement, était un homme de confiance, celui en qui elle pouvait puiser de la force et le courage de se battre. Elle est donc isolée psychologiquement à un moment où sa santé vacille.


               Deuxième solution ? Trouver de nouvelles charges.

               Et c'est chose fait ! Remercions cet Américain illuminé qui a traversé le lac et pénétré dans la maison d'ASSK. A sa tentative de l'année dernière (tiens donc, même période...), ASSK lui avait refusé le droit d'entrer et avait fait une déclaration à la police le lendemain.

               Cette année, il récidive et prétexte l'épuisement pour dormir sur le carrelage de la cuisine. Il se fera arrêté alors qu'il quitte la maison à la nage. ASSK est arrêtée et emmenée à Insein Prison pour avoir rompu les conditions de sa détention à domicile.

               Elle encourt 5 ans de prison supplémentaire.

               Pour les actes d'un inconnu. Serait-ce paranoïaque d'envisager qu'il a été envoyé par la junte ? Alors qu'il avait essayé l'année dernière, même époque, et que la junte cherchait aussi un prétexte pour garder ASSK entre quatre murs ?

               Je ne crois pas à la théorie d'un admirateur d'Aung San Suu Kyi. N'importe quel crétin qui se documente sur la Birmanie sait que la date supposée de son emprisonnement était le 27 Mai. Qui, mais qui, serait assez fou pour risquer ce genre d'actions, à deux semaines du dénouement ? Si cela devait servir de protestation, pourquoi ne pas le faire après que la junte ait prolongé la détention d'une année supplémentaire ?

               Non, pour moi, c'est juste un Américain payé par la junte pour fournir des charges contre ASSK.



              Heureusement qu'Hillary Clinton vient de faire une déclaration officielle pour demander sa libération... Ce n'est pas notre gouvernement qui ferait ça, si ? Si quelqu'un entend parler d'une déclaration française médiatisée, faites moi signe !


             

                La prison Insein est réputé pour ses actes de torture et son insalubrité. Les actions de maltraitance sont monnaie courante et les prisonniers n'ont pas accès à de la nourriture en quantité suffisante, ils doivent donc dépendre de leur famille pour "faire leur marché".
              

Sortez Aung San Suu Kyi de là.

                Que ce soit deux phrases dans votre conversation autour du dîner de ce soir.

                5 phrases jetées sur votre blog.

                Une lettre au président français si vous avez du temps.

                Une "auto-arrestation" et "mise en résidence surveillée" de votre propre personne, méditatisée par un journal local, pour attirer l'attention des locaux

                Faites quelque chose, ne la laissez pas être oubliée...
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E
c'est franchement lamentable... et le pire c'est que c'était prévisible, même évident qu'ils trouveraient de quoi pour la réprimer encore.
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