Petite balade tranquille ?

Publié le par Thulemin

          Il y a des désavantages à être pote avec des gars. Ne pas comprendre certaines blagues. Avoir certains doutes sur certaines intentions. Etc. Et après, il y a les avantages :) Ne pas subir les discussions maquillage interminables, entre autres... Ou, encore, se faire pousser hors du lit un samedi matin pour aller courir dans les collines. Au sens littéral.

 

           J'avais dû faire une allusion au fait que Surech avait gravi l'Everest, tenté le K2 et que son équipe avait été la première à gravir l'une des montagnes jugées "infaisable" de l'Himalaya. En plus de ça, il fait de la moto de course, danse le tango, fait des rêves lucides et etc. C'est un monstre...

 

            Récemment, il s'est mis en tête d'entraîner des gens à faire de la "course nature", parce que ce n'est pas encore un sport très populaire en Malaisie et qu'il aimerait bien voir plus de gens participer aux compétitions. Il commence donc à en parler à ses potes sur Facebook et, inquisitrice comme je suis, je me suis mêlée à la conversation..

 

 


 

           On s'est donc retrouvés avec Keeran et Surech à Bukit Gasing, samedi matin, à 8h30. C'est moi qui avait ramené Keeran, parce que je ne voulais pas que Surech me découpe en morceaux sous la torture. Manque de bol pour moi, Keeran court vite, très vite, trop vite, et il a fait son truc à son rythme lol. En gros, je l'ai vu sur les 5 premières minutes seulement...

 

                Mais d'abord, la course nature, c'est quoi? C'est de la course à pied qui suit des sentiers de rando, en forêt, en littoral ou en montagne. Que ça monte ou que ça descende, que ça glisse ou que ça soit plein de racines, l'intérêt c'est d'être dans la nature et d'avoir une variété de paysages :)

 

http://www.nature-escapes-kuala-lumpur.com/image-files/gasing-trail1.jpg

Bukit Gasing

 

              Inutile de dire qu'après une nuit de 6h, 3 semaines sans courir, une semaine à 80% végétarienne, j'étais pas au mieux de ma forme... Qu'à cela ne tienne, Surech m'a pris en charge. La piste était pleine de randonneurs qui nous regardaient comme si on était bons pour l'asile. Courir ici ???

 

 

http://www.nature-escapes-kuala-lumpur.com/image-files/gasing-trail2.jpg              La première demi-heure a été correcte. En bon professionnel et coureur expérimenté, Surech savait qu'il faut garder son énergie au début. On a fait quelques pauses ici et là pour qu'il me donne des conseils. Comme...

 

* Pousser sur la jambe arrière plutôt que sur la jambe avant quand on monte une marche.

 

* Appuyer avec les mains sur les genoux quand la pente est trop raide.

 

* Quand il y a deux chemins, choisir le premier qui nous saute à la figure au lieu d'hésiter, car c'est là qu'on se prend les pieds dans quelque chose.

 

* Quand on marche en côte, recommencer à courir 10m avant le sommet pour avoir récupéré le momentum pour la descente qui arrive.

 

* En montée, regarder ses pieds si on marche et regarder le sommet si on court (pour libérer les voies respiratoires).

 

* Utiliser les arbres pour diriger l'élan dans les descentes. Ne pas aller trop vite.

 

 

               Les quinze dernières minutes, alors que ma batterie vascillait, il a commencé à me pousser. Ne marche pas ! Cours, même si c'est super lent, mais ne marche pas ! Ce à quoi je hochais la tête, recommençais à sautiller en avançant et, dès qu'il avait disparu au tournant suivant, m'écroulais de nouveau. Jusqu'à ce qu'il me recrie "Ne marche pas !!!" et que je hurle "je saaaaaais. Je suis morte ! Je te déteste !" Et que je me remette à courir dans les escaliers de la piste...

 

             Mais Surech savait ce qu'il faisait, as usual. Il sait quand complimenter ("hey, tu apprends vite !", "45min? C'est bien, plusieurs gars le font en une heure") et quand te pousser même quand tu ne veux plus. Si j'avais vraiment été mal, il m'aurait laissé m'écrouler. Mais comme je continuais à lui crier dessus, il savait que j'avais encore de la force et qu'il pouvait me pousser, même si j'étais persuadée du contraire.

 

              En gros, je l'ai détesté et admiré 45 minutes d'affilé. Les deux sentiments pour les mêmes raisons :p A la fin, dans la dernière descente, il m'a mise devant lui plutôt que derrière et a continué à m'encourager sur les 5 dernières minutes. On rejoint la route, il me dit "ne t'arrêtes pas, 200 mètres pour refroidir" Okay... Il court à reculons, je cours normal, il court quand même plus vite que moi (salaud...).

              Ligne d'arrivée et un grand sourire immeeeeeeense de gamin lui couvre tout le visage. Il ouvre grand les bras, je prends mes dernières réserves, sprint les 30 derniers mètres et saute dans ses bras. Hug !!! Il est fier de moi et moi je crois pas que je viens de finir.

 

                 Héhé, je l'ai fait !!

 

                 J'ai trop de la chance d'avoir des amis pareils :)

 

                 (Et Keeran nous attendait en faisant des abdos au soleil...)

Publié dans Malaisie

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Ca m'épate ! Ca m'épate !


Quel courage.


Michel



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