Yogya - Dans le monde des batiks

Publié le par Thulemin

             Il suffit de faire trois pas sur Jalan Malioboro pour s'en rendre compte : les batiks sont rois à Yogya. La qualité et les prix, cependant, varient d'une place à l'autre et les attrappe-touristes sont légions. On parle même de batiks coca-colas ici: on les trouve partout et, quand on les mets dans l'eau, ils perdent toutes leurs couleurs, laissant juste une teinte brune.

 

             Mon guide du Kraton m'a envoyé dans un Batik Art Center. D'après lui, ce sont des professeurs et des étudiants de l'université et ils sont sérieux. Il m'a trouvé un chauffeur d'ojek, ces moto-taxis, et m'a marchandé le prix. Le chauffeur n'a reçu aucune commission là-bas, à moins que ça soit un système bien huilé où ils connaissent les gens à leur tête. En tout cas, ça m'a mis en confiance.

 

             Le monsieur qui m'a accueilli m'a expliqué les procédures pour créer un batik et m'a expliqué que je pouvais regarder autour mais qu'il ne me pousserait pas à acheter. Le problème de cet endroit est qu'il n'ouvert que le week-end, donc on se sent obligé d'acheter le jour-même. La raison officielle est que les étudiants ont cours la semaine et ne peuvent pas venir y traîner le reste du temps. Ca me semble un peu bizarre tout de même, puisque les étudiants n'ont pas besoin d'être là 24h/24 pour qu'on vende leur batik...

 

               Toujours d'après ce monsieur, ils sont sponsorisés par le gouvernement, donc il n'y a pas de taxes. Les prix sont fixés par une lettre, de A à ZZ. Les tailles de batiks ne sont pas importantes mais le prix dépend plutôt de la personne qui l'a peinte (étudiant, professeur, maître) et de la technique / nombre de couleurs utilisés. Ca m'a semblé raisonnable... Les batiks coûtait de 30,000 à plus d'un million de Roupies (3-90 euros)

 

               Je voulais en acheter un pour ma famille à Bukittinggi, pour les remercier de m'héberger et de me nourrir à chaque fois. Ca m'a pris une éternité pour en choisir un qui ne soit pas trop gros, dont les couleurs et les motifs me plaisaient et qui plairaient aux parents, et qui ne soit pas trop cher. J'ai bien dû chercher pendant 45 minutes...

 

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc3/hs375.snc3/24045_394374731480_681736480_4452205_4751518_n.jpg

Atelier de démonstration

 

              Pour faire un batik, on faire chauffer de la cire puis on utilise ensuite une sorte de pipe en métal pour la déposer sur la toile (cotton ou soie). L'ouverture de la pipe peut être plus ou moins large, pour les traits fins ou les remplissages de grosses zones. On peut utiliser une autre cire (je me rappelle le mot "margarine" mais ça doit forcément être autre chose ^^;) qui fera des craquelures à la teinte.

              Une fois la cire appliquée, on fait tremper la toile dans la teinture. La cire protège le tissu et la couleur n'imprègne que les zones découvertes. Une fois sec, on trempe la toile dans de l'eau bouillante pour enlever la cire. Et on recommence le même processus pour chaque couleur : couvrir de cire, colorer, enlever la cire.

              Cette technique s'appelle "batik tulis", tulis voulant dire écrire. Une autre technique consiste à juste imprimer la toile mais on voit facilement la différence. L'impression ne touche qu'un côté. Pour un batik tulis, au contraire, la teinture touche le tissu au complet donc les couleurs sont aussi vives d'un côté comme de l'autre.

 

               Résultat : on peut laver le batik et même le repasser lol. A l'achat d'un batik, pour en connaitre la qualité, demandez au vendeur s'il peut mettre de l'eau dessus. S'il refuse, cela veut probablement dire que le batik déteindrait et que la qualité est mauvaise.

 

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash1/hs435.ash1/24045_394374741480_681736480_4452206_8194620_n.jpg

La première des deux salles - Ne vous étonnez pas que j'ai eu du mal à choisir :p

 

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc3/hs375.snc3/24045_394374746480_681736480_4452207_2538889_n.jpg

Un jour, je décorerai ma maison avec leurs travaux

 

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash1/hs435.ash1/24045_394374751480_681736480_4452208_3623727_n.jpg

Mettre un batik devant une vitre ou une lampe fera ressortir toutes les couleurs

Dans le cas d'un batik sur soie, on dira même que ça ressemble à du verre peint

 

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc3/hs395.snc3/24045_394374756480_681736480_4452209_833387_n.jpg

Je suis amoureuse du style du gros rouge (mais c'est ceux qui coûtaient plus de 90 euros...)

 

 

            Par contre, plus tard, dans les rues du Taman Sari, j'ai rencontré un gars qui avait aussi un magasin de batiks. Ils étaient beaucoup moins chers (d'après lui, c'est parce qu'il habite dans Taman Sari et que c'est une sorte de "duty-free zone" lol) mais il était aussi beaucoup plus insistant à les vendre. Il a démonté en règle le premier centre où j'étais allé, disant que la règle du "week-end seulement" était une arnaque pour inciter à acheter. Que c'était pas vrai qu'ils n'avaient pas de taxes, qu'ils étaient ben trop chers et de mauvaise qualité.

 

            Quelque part, tous ses arguments avaient du sens. Mais il voulait trop que j'achète et ça m'a juste fait fuir. Pourtant, le prince Charles est venu chez lui. Et Obama est sensé y aller aussi. Mais je le sentais moins...

 

             Comment savoir, à Yogya ? Autant emmener un des vos amis locaux pour vérifier ;)

Publié dans Indonésie

Commenter cet article